Dans un monde où la simplification apparait dominante, ou du moins la pseudo simplification, il y a une tendance évidente d’imposer même au sein de la phrase ou de l’énoncé une pensée simple et donc immédiate pour frapper les auditeurs. Phrase nominale donc avec, au maximum, une construction paratactique. Quand une société appauvrit son langage c’est automatiquement la pensée qui s’appauvrit. Dans cet article donc, après avoir défini l’adjectif et sa fonction et les difficultés pour unir toutes ces définitions, nous verrons le rôle de l'épithète à travers un rapide parcours diachronique. Par exemple aux XVIe XVIIe siècles il y a, en poésie, une présence asphyxiante de l’épithète, pour élever le substantif considéré trop vulgaire et rendre l’ensemble plus poétique. Dans les traductions que Ménage a appelées belles infidèles (après avoir lu les traductions de Cicéron et de Lucien par Nicolas Perrot d’Ablancourt), l’épithète domine dans la phrase et le vers et bientôt elle se transformera en cliché littéraire. A la fin du XVIIIe sicle et au début du XIXe naitront de nombreux Gradus , sorte d’Arts Poétiques, pour conseiller écrivains et poètes à choisir correctement leurs adjectifs. Dans la dernière partie de l’article, après avoir vu comment les écrivains ont aimé ou détesté l’épithète, comme chez Voltaire et Proust, nous conclurons que la présence d e l’épithète, aux côtés du substantif aujourd’hui, est nécessaire pour rendre à l’image toute son ampleur sémantique.

Chassez l'épithète, elle revient au galop

CORONA, Renato
2014-01-01

Abstract

Dans un monde où la simplification apparait dominante, ou du moins la pseudo simplification, il y a une tendance évidente d’imposer même au sein de la phrase ou de l’énoncé une pensée simple et donc immédiate pour frapper les auditeurs. Phrase nominale donc avec, au maximum, une construction paratactique. Quand une société appauvrit son langage c’est automatiquement la pensée qui s’appauvrit. Dans cet article donc, après avoir défini l’adjectif et sa fonction et les difficultés pour unir toutes ces définitions, nous verrons le rôle de l'épithète à travers un rapide parcours diachronique. Par exemple aux XVIe XVIIe siècles il y a, en poésie, une présence asphyxiante de l’épithète, pour élever le substantif considéré trop vulgaire et rendre l’ensemble plus poétique. Dans les traductions que Ménage a appelées belles infidèles (après avoir lu les traductions de Cicéron et de Lucien par Nicolas Perrot d’Ablancourt), l’épithète domine dans la phrase et le vers et bientôt elle se transformera en cliché littéraire. A la fin du XVIIIe sicle et au début du XIXe naitront de nombreux Gradus , sorte d’Arts Poétiques, pour conseiller écrivains et poètes à choisir correctement leurs adjectifs. Dans la dernière partie de l’article, après avoir vu comment les écrivains ont aimé ou détesté l’épithète, comme chez Voltaire et Proust, nous conclurons que la présence d e l’épithète, aux côtés du substantif aujourd’hui, est nécessaire pour rendre à l’image toute son ampleur sémantique.
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